Incomplete Open

13 Mai - 19 Juin 2021
McBride contemporain est ravie d’annoncer l’inauguration d’Incomplete Open, une exposition en duo des artistes Montréalais Kelly Jazvac et Mathieu Lacroix. Ces deux artistes partagent un engagement résolu envers la réflexion et la réaction à notre enveloppe artistique et culturelle, et son existence ambiguë au sein de divers systèmes, qu’ils soient économiques, industriels, architecturaux, politiques ou médiatiques. Tout en étant parfaitement conscients de l’influence que peuvent avoir l’engagement personnel et la production culturelle comme révélateurs et agents critiques auprès des sphères du pouvoir, Jazvac et Lacroix mesurent ici l’emprise importante que peuvent avoir ces systèmes sur leur pratique. Ainsi, ils conçoivent des stratégies complexes pour étudier et éclairer l’omniprésence de ces forces systémiques par des dispositifs visuels, spatiaux et plastiques. Cette exposition met en valeur les manifestations de ce processus continuel de confrontation, en proposant — non sans une pointe d’ironie et d’énoncés équivoques — une collection de contre-attaques sous forme d’images et d’objets fabriqués, conçus pour affronter les dilemmes du XXIe siècle.
 
Incomplete Open présente une nouvelle installation de Jazvac, dans laquelle l’artiste poursuit son exploration sur l’intérêt persistant pour l’expérience concrète de l’échelle et de la matérialité des panneaux publicitaires. Ici adaptée à la superficie du plancher de la galerie, les visiteurs sont invités à circuler sur l’endos d’une de ces structures habituellement vues de loin, abordées davantage comme images que comme objets. Les bribes picturales encore visibles sur le panneau ont été choisies pour leurs correspondances visuelles avec certains éléments de la série de dessins de Lacroix. L’exposition comprend également quelques nouvelles sculptures élaborées durant les cinq dernières années ; une production de longue haleine, en adéquation avec la rigueur des méthodes de travail écoresponsables et des procédés de récupération des matériaux chers à l’artiste. En réponse au potentiel destructeur de la désirabilité manufacturée, Jazvac propose des récits alternatifs sous forme d’environnements et d’objets d’une force de persuasion désarmante.
 
Mathieu Lacroix présente quant à lui une série de dessins qui puisent dans un imaginaire sensible à l’esthétique singulière. Comme Jazvac, Lacroix juxtapose sa maîtrise technique à une facture plus brute, artefact de la conception et de l’exécution du croquis. L’artiste élève la notion d’esquisse à travers la simplicité de la nature directe du dessin, utilisant sa spontanéité à la fois comme stratégie conceptuelle et ressource formelle. En illustrant le chevauchement des dimensions architecturales, sociales et psychiques, les représentations condensées de Lacroix problématisent autant qu’elles célèbrent ces données sociétales, historiques et conceptuelles, pour former un nouvel ensemble distinct. Le résultat oscille entre sérieux et comique ; précis, tout en conservant un aspect informel. Bien qu’attrayantes, on sent que ces œuvres s’opposent farouchement à l’idée que le plaisir esthétique puisse à lui seul être la solution à tous nos problèmes.