Multisatures en vestiges
Mathieu Lacroix
4 juin – 11 juillet, 2026
Vernissage le 4 juin, de 17h à 20h
En présence de l’artiste
McBride Contemporain a le plaisir de présenter Multisatures en vestiges, la seconde exposition individuelle de Mathieu Lacroix en ses murs. Réunissant une nouvelle série de dessins sur papier recyclé et des techniques d’installation hybrides, l’exposition réfléchit à la présence monumentale des objets abandonnés dans notre quotidien : mobilier délaissé, boîtes vides et autres rebuts qui occupent pleinement l’espace mais que le regard collectif a pourtant évacués.
Prenant ces objets comme point de départ, Lacroix en dessine les silhouettes sur des feuilles d’acétate, qu’il superpose sur des tables lumineuses ou rétroprojecteurs afin d’expérimenter avec la composition de ses dessins. À ces formes s’ajoutent les contours de corps anonymes, issus de banques d’images, dont les membres entremêlés et les postures contorsionnées semblent négocier l’espace occupé par les objets. De ces explorations naissent des œuvres sur papier, réalisées soit sur de petits formats posés à plat, soit sur de grands formats fixés au mur, modifiant ainsi le rapport du corps au geste, la posture de l’artiste et l’amplitude du trait.
Les dessins sur papier recyclé, dont la surface porte toujours les traces d’une vie antérieure, se construisent par couches successives, chaque marque venant partiellement recouvrir la précédente. Certains des matériaux employés évoquent eux aussi cette logique de l’effacement : le feutre presque sec, le liquide correcteur qui masque sans tout à fait occulter, la perforation qui troue la surface. Autant de procédés qui font du dessin non pas la représentation d’un objet, mais la trace du geste qui a tenté de le saisir.
L’exposition se prolonge dans l’espace de la galerie par des œuvres installatives qui reconfigurent le déplacement du visiteur. Inspirées du mécanisme du livre pop-up, ces œuvres sont composées de formes de mobilier schématisées ainsi que de structures de bois et de fil à l’esthétique brute. Oscillant entre planéité et volume, ces structures prolongent la réflexion de Lacroix autour du dessin 2.5D, ces œuvres qui explorent la zone intermédiaire entre la planéité du dessin et la tridimensionnalité de la sculpture, où la ligne devient structure et la surface prend de l’épaisseur.
L’exposition Multisatures en vestiges de Mathieu Lacroix s’intéresse moins à l’objet lui-même qu’à ce qui persiste après son abandon : les traces résiduelles, les formes négligées, les fragments qui échappent à l’archive et aux mécanismes traditionnels d’attribution de valeur. Elle interroge notre rapport à ce que l’on choisit de voir, de conserver, ou, au contraire, d’ignorer.
L’ARTISTE
La pratique multidisciplinaire de Mathieu Lacroix se déploie à travers le dessin, la sculpture, la vidéo, l’installation et la performance. Son travail s’ancre dans la revalorisation de la matière, à la fois par la recontextualisation de ses artefacts personnels, et par la représentation formelle d’objets marginalisés, souvent considérés comme des rebuts. Cette approche révèle le potentiel esthétique de ces éléments invisibilisés, soulignant à la fois leur présence aléatoire et leur monumentalité dans notre quotidien. À travers cette pratique, Lacroix questionne le rapport complexe entre l’individu et son environnement, tout en réinterprétant la beauté insoupçonnée d’éléments négligés et souvent relégués au second plan. En jouant sur la transparence de certains matériaux et par la superposition de couches picturales, Lacroix permet à ces accumulations de provoquer d’« heureux accidents », perturbant la lecture des œuvres et invitant à y découvrir des détails cachés. Cette approche subtile mêle abstraction et figuration, redonnant une signification artistique à des aspects spécifiques des conventions de l’art, comme la notion même de « croquis », centrale dans l’œuvre de Lacroix.
Mathieu Lacroix vit et travaille à Montréal. Sa pratique, qui articule dessin, performance et vidéo, a fait l’objet d’expositions solos et collectives au Canada et à l’international, notamment au Musée d’art de Joliette, à l’Af-flux : Biennale Transationale Noire (Montréal), à l’Off Biennale de Dakar (Sénégal), au Centre Clark (Montréal), à la FAB Gallery de l’Université de l’Alberta (Edmonton) et à Underdonk (New York). Il a performé dans de nombreux contextes, dont le FADO Performance Art Centre (Toronto), le festival 7a*11d (Toronto) et Dazibao (Montréal). Ses œuvres font partie de la Wedge Collection ainsi que des collections de la Ville de Montréal et de la Ville de Drummondville.


